La Tablette n°91

Edito

20 ans après…..

Peut-être direz-vous que je plagie, cependant il ne s’agit pas de copier Alexandre Dumas mais de fêter avec panache l’anniversaire de l’installation du GIAA Aquitaine dans les locaux de la rue de la Réole !
20 ans, cela me semble être hier, serait-ce symptomatique des atteintes de l’âge ?
Il est vrai que seules les personnes d’un certain âge peuvent se prévaloir du temps passé qui pourtant, leur semble présent.
Notre nouveau Président Pierre Marragou, lors de notre cocktail annuel, le 10 février, devait penser qu’il y a vingt ans il n’avait, lui, que onze ans.

Si nous sommes toujours présents, les choses, elles, ont changées. La technologie a évolué, les bénévoles de la « saisie » dont certains ont suivi la progression, le savent bien tout comme les lecteurs. Quant à nos abonnés, les moyens de lecture audio ont aussi fait de réels progrès rendant la lecture des ouvrages plus aisée. Mais en ce qui concerne internet et l’accessibilité aux sites, il reste de gros progrès à faire car le tactile dont tout le monde se gargarise ne nous facilite pas les choses, le visuel omniprésent, non plus.

Il existe un besoin de représentation du monde de la déficience visuelle dans les instances politique et sociales afin que les demandes soient étayées et que le plus grand nombre de personnes concernées se fasse entendre. Et dans le monde du travail donc, la propension de travailleurs demandeurs d’emploi non ou malvoyants est très supérieur à celle des demandeurs d’emploi valides, cela est vrai pour tout type de handicap, vous m’excuserez de ne m’intéresser qu’au handicap visuel, lequel est le plus mal loti.

Alors, depuis 20 ans me direz-vous, le bilan ?

Eh bien, depuis ma petite place, je reste assez circonspecte. Quand dans mon enfance je lisais des bandes dessinées, on représentait l’an 2000 avec des images extrêmement futuristes, on y arrive, on y arrive, cependant le handicap demeure lourd à assumer et ne suscite pas toujours l’intérêt qu’il devrait. Encore beaucoup de paroles sans beaucoup d’actions, il faut que le monde de la déficience visuelle se mobilise pour démontrer que même aveugle ou malvoyant on peut vivre et travailler comme tout un chacun et cela ne me semble pas encore acquis.
Je ne vous dis pas rendez-vous dans 20 ans à l’impossible nul n’est tenu, mais je forme le vœu que celui ou celle qui me remplacera puisse s’enorgueillir de victoires, lesquelles malgré les réels progrès accomplis me laissent encore sur ma faim

Béatrix Alessandrini

 

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