La Tablette n°79

ÉDITO

Ah ! Il ne fait pas bon être handicapé en ce moment !
J’ironise bien sûr car être handicapé de telle ou telle façon est toujours un drame, et pourtant, les nouvelles dispositions prises au sein de notre gouvernement ne sont pas des plus favorables à notre égard, à preuve, un article dans ce magazine en page 10.
Sommes-nous réellement en phase avec les dispositions de la loi de 2005 porteuse d’espoir pour le handicap ?
Basculer dans le handicap est tragique, et personne ne le démentira. Oser l’affronter avec toutes les ressources de son intelligence et de ses acquis culturels relève parfois d’un défi.
L’ignorance, source de biens des vicissitudes, s’applique aussi à la non ou malvoyance et se retrouve dans toutes les catégories sociales, lorsqu’il s’agit d’aborder une personne en situation de handicap.
Une forme d’autoprotection ?
« Cette personne, n’est pas comme moi qui suis valide, en forme, bien vivante et intégrée, c’est une personne handicapée, autrement dit, différente ». La différence ! Ne sommes-nous pas tous différents ? A l’heure où ce mot est mis à toutes les sauces, ne serait-il pas souhaitable de considérer que le fait de ne pas voir, si cela constitue un handicap majeur, n’affecte en rien le pouvoir de réflexion et d’analyse des situations. Nos étudiants aveugles en sont la preuve flagrante.
Il est facile de se considérer normal quand on possède bras et jambes, yeux et oreilles en bon état de fonctionnement, mais un accident de la vie est toujours possible. Ah ! Cela fait peur, (il est si bon de se croire à l’abri). Bien sûr, c’est une réaction normale mais ce ne doit pas provoquer une forme de rejet. Ceux qui osent affronter la vie malgré cet obstacle qu’est la cécité ou la malvoyance méritent considération et respect. Leur guerre, ils la gagnent chaque jour. Tels des aventuriers, des guerriers sans casque ni armure, ils se lancent à l’assaut de la vie, banale et quotidienne pour vous, mais ô combien redoutable pour eux.
La compassion ? Vous connaissez ? C’est de l’empathie, pas de la pitié, c’est comprendre l’autre mais avec amour, c’est ce que nous nous efforçons de faire chaque jour au sein de notre association et que nous devons enseigner autour de nous.
Pour ne pas finir sur cette note austère, le temps est venu de vous parler de ce que vous attendez chaque année avec impatience : notre repas de fin d’année, vous en trouverez le détail en page 3. Mais retenez bien la date, le vendredi 12 juin, même heure, même endroit.
Nous échangerons, et comme à l’accoutumée, chansons et rires animeront cette rencontre.

Béatrix Alessandrini.

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